
Il y a problème de développement en Afrique.
Le gouvernement fait construire des bâtiments qui sont brûlés par les populations
en grève. Le gouvernement investit à construire des écoles qui sont laissées
à elles-mêmes le temps que la vieillesse les démolisse. Les peuples ne sont
pas arrivés encore à s'identifier à ces réalisations des gouvernants. Aussi
ils ne trouvent pas la nécessité de prendre soin de ces réalisations. A qui
la faute? Aux gouvernants ou aux peuples?

S'il y a un exemple qui est plus criard c'est celui des toilettes publiques.
Dans les grandes villes Africaines, les toilettes publiques sont de courte durée,
car l'ardeur avec laquelle la population s'y met à les détruire ressort de l'exploit.
Mais faut-il accuser la population ou les gouvernants qui croient qu'il suffit
de construire des toilettes publiques pour modifier les habitudes des peuples.
Ce peuple qui a développé dans les villages la liberté de déposer leurs fèces
en pleine nature, car ils pouvaient compter sur la nature pour qu'elle se charge
du recyclage, se trouve en déphasage une fois arrivé en ville où les gouvernants
ne sont pas aussi efficaces à créer les structures de sanitation et de vidange.
Au village, lorsque après avoir vidé son bol de bouillie de maïs, le paysan
se dirige dans la forêt, la nature se réjouit car les phacochères, les oiseaux,
les cochons, les insectes seront là pour faire disparaître les traces de la
bouillie de maïs non digérée.
Ce paysan arrive en ville et il se retrouve en déphasage car il ne sait plus
où aller se libérer, alors il est bien facile de se planter au pied d'un mur
et de déverser son litre d'urée.
Voilà où je vous dois ma petite histoire de la semaine.

En Côte d'Ivoire, le problème des pisseurs publics avait atteint
un seuil alarmant. Il y avait une église au plateau, le quartier des affaires
d'Abidjan. Après la messe les chrétiens allaient comme dans un concours d'exposition
du "cinquième membre" se pointer au bord de la clôture d'une bonne
dame et déversaient toute l'urée de leur vessie. La bonne dame ne pouvant plus
supporter cette puanteur des urines écrivit sur son mur "INTERDIT D"URINER".
Mais cette interdiction ne résolut pas son problème; chaque dimanche donc, elle
continuait de voir sa clôture inondée. Comme les sages ont l'habitude de le
dire, c'est le feu qui combat le feu; la dame décida de trouver une solution
pratique à son problème. Ce dimanche-là elle alla se pointer de l'autre côté
de sa clôture à l'attente des pisseurs. Comme à l'habitude, un pisseur fut au
rendez-vous. Comme tout bon pisseur qui respecte son membre, le monsieur vint
contre la clôture, débraqua et regardant de gauche à droite pour s'assurer que
la voie était libre se mit à pisser. C'est vrai que ce n'est pas parce que le
membre est lourd qu'on le tient en pissant, c'est par respect; aussi notre pisseur
jouissait de son acte libérateur quand, oh Jésus de Nazareth, la dame de l'autre
côté de la clôture versa de l'eau très chaude sur le sexe du pisseur.
Il émit son cri de détresse, sauta en l'air comme un animal abattu, et se mit
à courir la "bite" dehors. Il venait de subir une brûlure du 2ème
au 3 ème degré.
La femme lui disait : "viens pisser, viens où vas-tu?, viens, viens pisser,
bande de cons, imbécile, bâtard, viens, regardez-moi ça, malappris, .....".
Le pisseur disparut dans le quartier.
L'histoire alla de bouche à oreille et les pisseurs évitèrent de baptiser la
clôture de la dame les dimanches qui suivirent. La bêtise dans tout cela est
qu'à côté de la clôture se trouvait une toilette publique où il fallait payer
10 frs CFA pour pisser. 10 frs, le prix
d'un chewing-gum, d'un bonbon pecto, le prix d'un sachet d'eau glacée.
Il faut vraiment trouver un moyen pour amener les populations à oeuvrer à créer
les conditions de leur développement.
Comme quoi les mauvaises habitudes se perdent difficilement !
John T
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